Peu de biens de consommation suscitent autant d’émotions que l’automobile. Objet phare des sociétés industrielles du 20e siècle, elle demeure aujourd’hui un symbole de liberté, de puissance et de prestige. De la Ford Model T à la Tesla S, d’un amour de Coccinelle à la Batmobile, notre vie est constellée d’autos mémorables.

Objet de désirs ou responsable des plus grands maux de notre époque, l’automobile ne laisse personne indifférent. Après le feu, la roue et la pénicilline, peu d’inventions ont autant marqué la vie des hommes que l’automobile.

L’histoire en route

Si la fabrication du premier moteur à explosion date de 1860, par le français d’origine belge Étienne Lenoir, ce sont les ingénieurs allemands Gottlieb Daimler et Carl Benz qui, séparément, créent les premières vraies automobiles en 1886 avec l’avènement du moteur léger et fonctionnant à l’essence (les entreprises fusionnèrent en 1926 pour devenir Daimler Mercedes Benz, aujourd’hui connue sous le nom Mercedes-Benz).

À cette époque, aux États-Unis, un certain Henri Ford met non seulement « l’Amérique sur ses roues », il révolutionne toute la production industrielle en inventant le principe de travail à la chaine. Cette méthode lui permet de créer la célèbre Ford Model T, de la produire en série à faible coût et ainsi, de rendre l’automobile accessible à la classe moyenne. Il offre même à ses ouvriers un salaire proportionnel au prix de la voiture afin qu’ils puissent s’en offrir une.

La Ford Model T : la voiture qui mit l’Amérique en route!

Malgré la Model T, l’automobile demeure surtout l’apanage des très riches. C’est le tristement célèbre « Jeudi noir » de la bourse de Wall Street en 1928 qui force l’industrie automobile, pour sortir de la crise, à proposer des modèles légers, rapides, sécuritaires et surtout économiques. Les constructeurs doivent améliorer les moteurs, repenser les carrosseries et les intérieurs, simplifier la conduite et le démarrage. Ainsi, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, avec la reprise de l’économie civile, la production automobile mondiale passe de 10 millions à 30 millions de voitures entre 1946 et 1975.

Entre la construction de grosses cylindrées de luxe et de roadster sport à deux places, les petites voitures populaires connaissent alors un énorme succès à partir de 1946 : la Coccinelle de Volkswagen en Allemagne ; la 4cv de Renault en France ; les petites Fiat 600 et 500 Lusso en Italie et la fameuse Mini en Angleterre. Puis, les chocs pétroliers de 1973 et 1979 éveillent à la fois la conscience populaire quant à notre dépendance au pétrole et à l’impact environnemental de l’industrie automobile. mais aussi Ils transforment le paysage automobile américain. En effet, les grosses et rutilantes Plymouth, Cadillac, Dodge et autres Chrysler doivent partager la route avec des petites et économiques voitures venues d’ailleurs, surtout d’Asie telles que Toyota, Datsun, Mazda, Nissan, Mitsubishi et autres.

Avec ses 3,3 m de long, 1,4 m en largeur et 1,4 m en hauteur, la Mini porte bien son nom.

Le premier quart du 21e siècle est témoin de l’éclosion des véhicules électriques, de l’autopartage ou encore des voitures à conduite autonome. Enfin, il ne fait aucun doute que la recherche de la perfection esthétique et technologique continuera de faire rêver encore bien des générations à venir.

L’auto en vedette

Le véritable culte de l’automobile vient aussi en bonne partie de l’espace qu’elle occupe dans la culture populaire. Que ce soit dans la littérature, au cinéma, en musique, à la télé ou en bandes dessinées, l’automobile joue un rôle principal. Vedette de nombreuses poursuites palpitantes, compagne de voyage de grandes stars dans des road movies ou résidence principale de plusieurs enquêteurs perspicaces, on a suivi entre autres les exploits :

• d’une Ford Gran Torino 1972 dans « Gran Torino » avec Clint Eastwood ;
• de l’increvable Peugeot 403 de l’inspecteur Colombo ;
• de la Volvo P1800 de Simon Templar dans « Le Saint » ;
• de la DeLorean dans « Retour vers le futur » ;
• de la Mini Cooper dans « The Italian Job » en 1969 et son « remake » de 2003 ;
• de la Jaguar Type E modifié en corbillard dans « Harold et Maude » ;
• de toutes les voitures modifiées dans « Fast and Furious » avec Vin Diesel et Paul Walker (ironie du sort, ce dernier a perdu la vie dans un accident de la route) ;
• sans oublier les mythiques Aston Martin de James Bond. 

Voici le top-15 des voitures américaines et européennes cultes (en ordre alphabétique parce que ce serait trop déchirant de les classer autrement !)

Aston Martin DB5

Parce que c’est la plus belle des Aston Martin jamais conçue, elle que c’est la voiture de Bond… James Bond!

Austin Mini

La toute petite urbaine anglaise au caractère nerveux, parce qu’elle réussit le tour de magie de paraitre plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur!

BMW Z8

Produite entre 2000 et 2003, elle combine toutes les qualités de ses grandes sœurs Z1 et Z3, mais plus aboutie tant esthétiquement qu’en termes de performances. Normal donc que cette vraie version moderne de l’icône de la marque allemande, la BMW 507 produite entre 1956 et 1959, a conduit James Bond à être infidèle à l’Aston Martin au tournant du siècle!

Chevrolet Corvette C2 Sting Ray

Sa double fenêtre à l’arrière lui donna, en 1963, le look futuriste qui accompagna les Américains dans les années grisantes de la conquête de l’espace.

Citroën DS

Véritable légende de l’automobile Made in France, la DS a permis à l’industrie automobile de repenser tant le design que le confort, son choix de matériaux, sa sécurité et bien plus. On ne connaît pas un seul constructeur qui n’ait « emprunté » une innovation issue de la DS, de la direction assistée aux freins à disque à l’avant, en passant pas la boîte de vitesse à commande hydraulique, les phares pivotants ou encore sa fameuse suspension hydropneumatique.

Ferrari 250 GTO

La plus mythique et convoitée des Ferrari, toujours aussi belle et inaccessible depuis 1952. Une véritable étoile au firmament de l’automobile!

Ferrari F40

Légère et puissante à la fois, avec sa ligne parfaitement aérodynamique, cette ultime création d’Enzo Ferrari lui-même a révolutionné l’industrie automobile par le plaisir de conduire dès son lancement en 1987.

Ford Model T

Incontournable Model T, car elle apporta l’automobile à tous et le mode de construction à la chaine à toute l’économie mondiale. Ce n’est pas la plus belle, ni la plus confortable, ni la plus performante, ni la plus fiable… mais ce fut la plus marquante.

Ford Mustang

Pour les amateurs de voitures d’Amérique du Nord, depuis 1964, la Ford Mustang est le symbole de liberté, de grands espaces, de puissance et du plaisir de conduire. Une icône de l’American Way Of Life!

Ford GT40

En 1966, elle a prouvée au monde entier que les voitures américaines pouvaient rivaliser avec Ferrari en remportant les 24 h du Mans.

Jaguar E-Type Series 1

En 1964, elle révolutionne le paysage automobile par ses performances, son design arrondi et profilé comme une balle de fusil, le tout dans le plus grand raffinement. Pour plusieurs aficionados de l’automobile, LA plus belle!

Lamborghini Miura

Première voiture à moteur central arrière sur la route, la Muira a propulsé en 1966 la marque Lamborghini dans la stratosphère des voitures sportives de grand luxe.

Mercedes 300 SL Gullwing

Une deux places sportive et racée, signée Mercedes-Benz en 1955. Sa forme en gracieux papillon à la carrosserie d’aluminium en fait une des voitures les plus chères jamais vendues lors d’encans de collectionneurs.

Tesla Model S

Peut-être bien le début de l’avenir de l’automobile ! Cette berline familiale haut de gamme 100 % électrique construite par Tesla Motors est sur nos routes depuis 2012.

Volkswagen “Beetle”

Oublions qu’à la demande du Chancelier allemand Adolf Hitler que Ferdinand Porsche ait imaginé « la voiture du peuple » (Volks = peuple, wagen = voiture), la VW Beetle se vendit à des dizaines de millions d’exemplaires partout sur la planète de 1938 à 2003. En version classique, comme la Choupette de « Un amour de coccinelle », ou moderne en version New Beetle depuis 1998, ses formes arrondies se distinguent toujours autant.