On peut dire que de nos jours, il y a deux types de barmen : le classique, dont la fonction principale est d’ouvrir des bouteilles et de faire couler des bières, et le mixologue qui prépare et crée des cocktails qui mettent tous nos sens en éveil.

Le mixologue valorise un savoir-faire, échange avec ses pairs de partout sur la planète et participe à des compétitions qui attirent de plus en plus d’adeptes. Comme pour toute une nouvelle génération d’artisans de métiers de l’alimentation (bouchers, boulangers, chefs cuisiniers, etc.), ces barmen créatifs suivent le précepte du « Consommons moins d’alcool, mais consommons ce qu’il y a de mieux »!

De l’évolution à la Révolution Cocktail

Même si le cocktail aurait vu le jour vers 1830 à La Nouvelle-Orléans, quand l’apothicaire français Antoine Amédée Peychaud servait dans des coquetiers (d’où le nom cocktail) des médicaments à base de bitter, d’eau, de sucre et de cognac, c’est dans les années 1980 que naît de la grande vague qui déferle aujourd’hui sur les grandes capitales du monde. C’est à cette époque que les grandes marques d’alcool réfléchissent à l’idée de créer des spiritueux et des expériences de consommation plus adaptés une jeune génération qui considère le gin, la vodka ou encore le whisky, comme les produits de leurs parents. Le génie marketing d’Absolut Vodka et du gin Bombay Sapphire va ensuite littéralement propulser cette catégorie de produits vers le 21e siècle.

À la fin des années 1980 à New York, Dale DeGroff, surnommé King Cocktail, s’impose au Rainbow Room comme le rénovateur de la culture cocktail, en remettant au goût du jour les cocktails « vintages ». Ce phénomène prend ensuite de l’ampleur et l’on voit émerger à Londres, Paris, Berlin et Tokyo des bars à cocktails où l’on va pour l’atmosphère et l’expérience bien plus que pour étancher sa soif. Toutes les grandes villes ayant une offre touristique développée, ont aujourd’hui des bars créatifs qui innovent, tous interreliés par les puissants outils de communication que sont les réseaux sociaux.

La « démococktailisation » du monde

La création de cocktails n’est plus désormais une chasse gardée des bars et des barmen. Elle se démocratise par un déferlement d’information sur le web (vidéo, recettes, sites d’échanges, etc.) et par un accès facile et abordable à tous les produits nécessaires.

Pour s’amuser à la maison et animer des soirées avec goût, il suffit d’avoir quelques alcools de base (vodka, gin, whisky, rhum et téquila), quelques alcools d’appoints (Orange : Triple Sec, Grand Marnier et Cointreau/Vermouth : Martini et Cinzano/Café : Kahlua et Tia Maria/Amande : Amaretto et Disaronno/Crème irlandaise Bailey’s). Ensuite, on « assaisonne » avec des jus (orange, canneberges ou ananas), des boissons gazeuses et des toniques, des sirops (de canne, de fruits ou créés par des bars eux-mêmes) et des fruits (citrons, limes, cerises au marasquin ou autres).

Ensuite, à vous de jouer! Vous pouvez improviser avec les combinaisons d’ingrédients qui vous plaisent, avec en tête le rapport 2 pour 1 (2 onces d’alcool de base pour 1 once d’alcool d’appoint). S’équiper d’un « shaker » est idéal, car cela permet de bien oxygéner le mélange et de faire mousser si vous intégrez du lait ou du Bailey’s. Pour les boissons gazeuses, ajoutez-les après le brassage!)

Cinq indémodables pour hommes

1) Martini

Origine : États-Unis

Parce que c’est le cocktail de James Bond… et parce que c’est bon! Il aurait été inventé après l’importation du vermouth italien Martini aux États-Unis à la fin du 19e siècle.

Contenu : un ratio 2 pour 1 du gin blanc sec et du vermouth italien, 1 zeste de citron et 1 olive verte… et on obtient le cocktail le plus connu au monde.

2) Mojito

Origine : Cuba

Boisson officielle de Cuba, le Mojito tirerait son origine de l’explorateur anglais Francis Drake qui, vers 1580, entre deux pillages de La Havane, se plaisait à mixer des feuilles de menthe pilées avec du rhum industriel (du tafia, obtenu par distillation des résidus de la production de sucre brun).

Contenu : 10 feuilles de menthe, 50 ml de rhum, ½ lime en morceaux, 2 cuillerées à café de sucre de canne ou 20 ml de sirop de sucre, de l’eau gazeuse et de la glace pilée.

3) Old-Fashioned

Origine : États-Unis

Créé par un barman du Pendennis Club de Louisville au Kentucky vers 1880, qui ajouta du sucre au Whiskey Cocktail en l’honneur du Colonel James E. Pepper, lequel transmit la recette au Waldorf-Astoria Hotel de New York. Plus récemment, on l’a souvent vu à la main de Don Draper dans la série Mad Men.

Contenu : 60 ml de whisky (bourbon, whisky), 1 morceau de sucre, 1 trait d’angustura bitter, 1 zeste d’orange, 3 glaçons, 2 cerises au marasquin et de l’eau gazeuse.

4) Gin tonic

Origine : Inde (par les Britanniques)

Vers 1750, l’eau de tonique (à base de quinine) servait dans la marine anglaise à guérir la malaria lors de la conquête de l’Inde. Certains marins ont découvert qu’en mélangeant du gin au tonique, l’amertume disparaissait. Malins les marins!

Contenu : 60 ml de dry gin, 150 ml de soda tonique, quelques glaçons et des rondelles de lime ou d’orange.

5) Negroni

Origine : Italie

Vers 1920, le comte Camillio Negroni demanda au barman Fosco Scareli, du Café Casoni de Florence, personnaliser son classique Americano (un cocktail à base de Campari, de vermouth et d’eau gazeuse). Il remplaça donc le soda par du gin et nomma cette invention en l’honneur du comte.

Contenu : 30 ml de dry gin, 30 ml de Campari (ou autre alcool d’appoint amer), 30 ml de vermouth rouge, des glaçons et 1/2 rondelle d’orange.